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La miction selon un horaire établi pour traiter l'IU ?
En passant en revue les résultats dans le tableau synoptique il est important de noter qu'ils sont toujours fait selon les critères d'essais cliniques randomisés(ECR) - spécifiquement comparés à un groupe contrôle. Pour clarifier- les individus recevant le traitement ont pu s'être améliorés par rapport à rapport à leur état pré-traitement MAIS ne se sont pas améliorés sensiblement plus que ceux du groupe contrôle quand les deux groupes ont été comparés lors de l'évaluation post-traitement. La conclusion que vous verrez alors est que le traitement n'est pas efficace –voulant dire "plus efficace" que le traitement contrôle auquel il a été comparé.
Il n'existe aucune étude sur l'efficacité de la miction selon un horaire établi pour traiter l'incontinence urinaire (IU) chez les adultes ayant subi un AVC. Deux guides de pratiques cliniques (GPC) (AHCPR, 1996; Abrams, 2002) recommandent la miction selon un horaire établi pour les patients post AVC coopératifs et mobiles. Ces lignes directrices reposent sur les résultats d'essais cliniques randomisés (ECR) chez des patients sans antécédents d'AVC mais présentant une IU d'origine neurologique. Elles reposent également sur l'opinion d'experts. Conclusion : Il existe un consensus (niveau 3) à l'effet que la miction selon un horaire établi devrait être utilisée pour traiter l'IU des patients coopératifs et mobiles après un AVC. Un ECR a évalué l'effet de programmes d'incitation à la miction chez des personnes confinées à la maison et présentant des troubles cognitifs, dont 20 % avaient subi un AVC (Engberg, 2002) . Aucun résultat spécifique aux patients ayant eu un AVC n'a été rapporté. Il n'est donc pas possible de déterminer l'effet de ce type d'intervention sur ce sous-groupe. Deux GPC (AHCPR, 1996; Veterans Affairs and Department of Defence, 2003) recommandent le recours aux programmes d'incitation à la miction pour traiter l'IU chez les patients post AVC en se fondant sur les résultats d' ECR portant sur une population adulte sans antécédents d'AVC et sur l'opinion d'experts. Conclusion : Il existe un consensus (niveau 3) à l'effet que les programmes d'incitation à la miction devraient être utilisés pour traiter l'IU des patients ayant eu un AVC. Il n'existe aucune étude sur l'efficacité de la rééducation vésicale avec suppression de l'impériosité pour traiter l'IU chez les adultes ayant subi un AVC. Par ailleurs, un GPC (Veterans Affairs and Department of Defence, 2003) suggère le recours à un programme de rééducation vésicale pour les patients victimes d'AVC qui présentent des symptômes d'incontinence par impériosité. Cette recommandation se fonde sur des revues systématiques qui préconisent la gestion de l'incontinence par impériosité dans la population en général. Conclusion : Il existe un consensus (niveau 3) à l'effet que la rééducation vésicale avec suppression de l'impériosité devrait être appliquée pour traiter les patients post AVC qui présentent des symptômes d'IU par impériosité. Un ECR de "haute" qualité s'est penché sur l'effet des exercices des muscles du plancher pelvien chez les personnes ayant subi un AVC (Tibaek, 2004) . Vingt-six hommes et femmes ont été répartis au hasard dans deux groupes soit un groupe soumis à un programme de 12 semaines d'exercices des muscles du plancher pelvien et un groupe sans intervention spécifique pour l'IU. À la fin du traitement, aucune différence n'a été observée entre les deux groupes quant à la qualité de vie (QdV) (QdV) liée à la continence ou quant à la QdV en général. Aucune mesure directe de l'incontinence urinaire n'a été utilisée. On peut toutefois remettre en question le choix d'une mesure de QdV comme mesure de résultat primaire. En effet, il se peut que cette mesure ne soit pas suffisamment sensible pour détecter des changements particuliers à l'IU chez une clientèle dont la qualité de vie est déjà considérablement affectée par les déficiences qu'entraîne l'AVC. Ce premier ECR ne permet de tirer aucune conclusion quant aux effets des exercices des muscles du plancher pelvien sur la continence chez les adultes incontinents ayant subi un AVC. Conclusion : Il n'existe aucune données probantes (niveau 5) préconisant le recours aux programmes d'exercices des muscles du plancher pelvien pour les personnes atteintes d'incontinence urinaire ayant eu un AVC. Un ECR de "haute" qualité (McDowell, 1999) et un essai clinique non randomisé (Middaugh, 1989) ont étudié l'effet de la rééducation vésicale avec suppression de l'impériosité combinée aux exercices des muscles du plancher pelvien pour traiter l'IU après un AVC. Dans l'étude quasi-expérimentale de Middaugh , basée sur un devis expérimental pré-test post-test à un seul groupe, quatre hommes montrant une IU post AVC chronique ont suivi de deux à cinq séances de rééducation comprenant les exercices des muscles du plancher pelvien et les stratégies de suppression de l'impériosité, doublées d'un programme d'exercices du plancher pelvien à faire à domicile. Les épisodes d'IU ont été évalués chez les quatre sujets à trois reprises : avant le traitement, immédiatement après le traitement et six mois après le traitement. Dans les quatre cas, la continence était retrouvée et maintenue six mois après la rééducation. McDowell, 1999 McDowell, 1999 ont étudié 105 personnes âgées (60 ans et plus) souffrant d'IU, non nécessairement causée par un AVC, réparties au hasard entre un groupe expérimental (n=53) et un groupe témoin (n=52), lequel n'a reçu aucun traitement spécifique pour l'IU. Au total, 28 des participants (26 %) avaient subi un AVC : 15 dans le groupe expérimental et 13 dans le groupe témoin. Le traitement consistait en une série de huit séances hebdomadaires d'exercices du plancher pelvien avec rétroaction biologique (biofeedback), de rééducation vésicale avec suppression de l'impériosité, accompagnée d'un programme quotidien d'exercices du plancher pelvien à domicile. Même si les sujets du groupe expérimental ont connu une réduction de 75 % des épisodes d'incontinence par opposition à 6,4 % dans le groupe témoin, aucun résultat spécifique aux sujets ayant des antécédents d'AVC n'a été rapporté. Dès lors, cette étude ne peut être prise en compte pour établir la qualité de la preuve scientifique. Conclusion : Il existe une preuve scientifique limitée (level 2b) découlant d'un essai non randomisé que la rééducation vésicale avec suppression de l'impériosité combinée aux exercices des muscles du plancher pelvien entraîne une réduction de l'IU chez les hommes ayant subi un AVC. Un ECR de qualité "acceptable" a étudié l'effet de l'approche de rééducation compensatoire des troubles neurologiques pour les patients post AVC montrant une IU (Wilkander, 1998) . Trente-quatre patients post AVC ont été répartis au hasard entre un groupe soumis à l'approche de rééducation compensatoire des troubles neurologiques et un autre, utilisant une approche conventionnelle de réadaptation basée sur la technique Bobath. Aucun traitement spécifique à l'IU n'était appliqué. Une proportion significativement plus importante de sujets du groupe de rééducation compensatoire ont retrouvé la continence. Conclusion : Il existe des données probantes modérées (niveau 2a) découlant des résultats d'un ECR de qualité "acceptable" à l'effet qu'une approche de réadaptation compensatoire des troubles neurologiques ou une approche orientée sur la fonction réduit davantage l'IU que l'approche conventionnelle chez les personnes ayant subi un AVC.
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