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BUREAU DU RUIS MCGILL

Entrevue avec Dr Samuel Benaroya 

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Entrevue avec Dr Samuel Benaroya, coordonnateur du RUIS de l’Université McGill
Source: In Focus, bulletin de la Faculté de médecine de l’Université McGill, numéro du printemps 2005.

La Faculté de médecine de l’Université McGill joue dorénavant un plus grand rôle dans l’organisation et la prestation des soins de santé au Québec. Le plan du réseau Universitaire Intégré de Santé (RUIS), récemment mis en place par le gouvernement du Québec, répartit la province en quatre régions chacune desservie par les Universités McGill, de Montréal, Sherbrooke et Laval dont les facultés de médecine et leurs hôpitaux d’enseignement coordonnent les services cliniques tertiaires, l’enseignement et la recherche. «Nous avons maintenant de plus grandes responsabilités», révèle Dr Samuel Benaroya, vice-doyen aux Affaires interhospitalières et coordonnateur des activités du RUIS pour la Faculté de médecine de l’Université McGill.

Le plan vise à faciliter l’accès aux soins de santé en resserrant les relations entre les prestataires de soins de première ligne, soit les médecins et les hôpitaux régionaux, et les prestataires de soins spécialisés. Pour organiser les soins de première ligne, le gouvernement a réparti la province en 95 réseaux locaux de services de santé et de services sociaux, chacun doté d’un centre de santé. Pour ce qui est des soins spécialisés, les réseaux locaux doivent prendre entente avec les facultés de médecine et les hôpitaux d’enseignement; pour McGill, il s’agit du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), de l’Hôpital général juif Sir Mortimer B. Davis, du Centre hospitalier de St. Mary et de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas. Le RUIS de McGill comprend le centre et l’ouest de l’Île de Montréal, la partie ouest de la Montérégie, l’Outaouais, l’Abitibi, les territoires cris, le Nord du Québec et le Nunavik; il dessert environ 1,7 million de personnes. La direction du Ruis de McGill alterne tous les deux ans entre le doyen de la Faculté de médecine et le directeur-général du CUSM.

«Présentement, le prestataire de soins de santé peut vivre une grande frustration lors du transfert d’un patient qui doit obtenir une consultation ou subir une intervention», précise Dr Benaroya. Pour les patients des régions éloignées, le système du RUIS offre un accès plus facile aux soins spécialisés. Pour remplir ses nouvelles responsabilités cliniques, McGill a élaboré un répertoire de services cliniques de troisième ligne qui sont offerts par ses hôpitaux d’enseignement. De leur côté, les partenaires du réseau local analysent ce qu’ils peuvent faire; toutes les demandes qu’ils ne sont pas en mesure de prendre en charge seront acheminée au RUIS McGill,» ajoute Dr Benaroya. En théorie, les universités offrent les soins spécialisés, mais tout entre en ligne de compte. Nous développons des relations avec nos institutions partenaires des réseaux locaux, dont certaines sont nouvelles au sein de McGill, précise Dr Benaroya. Et nous planifions un bureau de développement du réseau, en quelque sorte un numéro 1-800-RUIS McGill dont le but serait de faciliter les communications». Les étudiants en médecine et les médecins résidents constateront également un changement sous la gouverne du RUIS. Le gouvernement vise à offrir davantage de stages à l’extérieur de Montréal tant au niveau du premier que du deuxième cycle, dans l’espoir qu’en vivant une expérience dans un cadre rural, les jeunes médecins songeront à y retourner pratiquer. Selon le nouveau plan, 30 % des stages en médecine familiale et 15 % de ceux réalisés dans les spécialités de base, comme en médecine interne et en chirurgie générale, seront effectués dans les régions les plus éloignées. «Ceci constitue un grand défi, étant donné qu’il est possible qu’il n’y ait pas d’infrastructures pour répondre aux exigences en matière de formation dans certains cas, indique Dr Benaroya. "Alors, nous bâtissons à partir de nos structures régionales existantes, comme notre unité de médecine familiale à Gatineau. Une autre possibilité serait de développer des unités (hubs) où les étudiants de divers niveaux d’expérience pourraient travailler en équipe.» Bien entendu, l’Université doit s’assurer que l’éducation reçue à ces endroits réponde aux objectifs des programmes de formation, et que les programmes de développement appropriés de la Faculté soient en place.

La technologie jouera un rôle de premier plan. La télésanté est déjà en place. Ceci est un moyen de communication, de diagnostic et de traitement à distance, qui peut être utilisé aux fins de l’enseignement et du travail clinique. «Et parce que la technologie évolue très rapidement, nous pouvons être créatifs dans ce secteur, ajoute Dr Benaroya. Notre comité de télésanté du RUIS McGill est très occupé ces temps-ci.» La Faculté aspire également à mettre à la disponibilité des régions ses ressources documentaires électroniques de la bibliothèque.

Le système du RUIS nécessitera certaines responsabilités en matière de recherche. «Heureusement, la recherche est très avancée à McGill, ajoute Dr Benaroya. Nous profitons déjà d’une bonne collaboration avec les autres facultés». Il y a également des possibilités d’établir davantage d’équipes de recherche dans les régions, et de créer des liens avec des partenaires régionaux. Comme le dit Dr David Eidelman, Directeur du département de médecine, «On retrouve dans certaines des régions éloignées des proportions élevées de certaines maladies comme la tuberculose; ou des gens qui ont difficilement accès aux soins de santé. Le RUIS donne la possibilité de mieux comprendre comment les soins de santé devraient être organisés pour ces gens et comment certaines circonstances peuvent découler en difficultés pour la population».

La création du RUIS entrainera des changements qui auront une influence sur les activités cliniques, éducationnelles et de recherche de l’Université. De plus, ils accroîtront non seulement le rôle de McGill, mais également ses responsabilités au sein de la communauté médicale de la province. «C’est là tout un défi, conclut Dr Benaroya. Mais toute une occasion de faire une différence!»