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Entrevue avec Dr Samuel Benaroya, coordonnateur du RUIS de l’Université McGill
La Faculté de médecine de l’Université McGill joue dorénavant un
plus grand rôle dans l’organisation et la prestation des soins
de santé au Québec. Le plan du réseau Universitaire Intégré de
Santé (RUIS), récemment mis en place par le gouvernement du
Québec, répartit la province en quatre régions chacune desservie
par les Universités McGill, de Montréal, Sherbrooke et Laval
dont les facultés de médecine et leurs hôpitaux d’enseignement
coordonnent les services cliniques tertiaires, l’enseignement et
la recherche. «Nous avons maintenant de plus grandes
responsabilités», révèle Dr Samuel Benaroya, vice-doyen aux
Affaires interhospitalières et coordonnateur des activités du
RUIS pour la Faculté de médecine de l’Université McGill.
Le plan vise à faciliter l’accès
aux soins de santé en resserrant les relations entre les
prestataires de soins de première ligne, soit les médecins et
les hôpitaux régionaux, et les prestataires de soins spécialisés.
Pour organiser les soins de première ligne, le gouvernement a
réparti la province en 95 réseaux locaux de services de santé et
de services sociaux, chacun doté d’un centre de santé. Pour ce
qui est des soins spécialisés, les réseaux locaux doivent
prendre entente avec les facultés de médecine et les hôpitaux
d’enseignement; pour McGill, il s’agit du Centre universitaire
de santé McGill (CUSM), de l’Hôpital général juif Sir Mortimer
B. Davis, du Centre hospitalier de St. Mary et de l’Institut
universitaire en santé mentale Douglas. Le RUIS de McGill comprend le centre et l’ouest de
l’Île de Montréal, la partie ouest de la Montérégie, l’Outaouais,
l’Abitibi, les territoires cris, le Nord du Québec et le Nunavik; il
dessert environ 1,7 million de personnes. La direction du Ruis
de McGill alterne tous les deux ans entre le doyen de la Faculté
de médecine et le directeur-général du CUSM.
«Présentement, le prestataire de
soins de santé peut vivre une grande frustration lors du
transfert d’un patient qui doit obtenir une consultation ou
subir une intervention», précise Dr Benaroya. Pour les patients
des régions éloignées, le système du RUIS offre un accès plus
facile aux soins spécialisés. Pour remplir ses nouvelles
responsabilités cliniques, McGill a élaboré un répertoire de
services cliniques de troisième ligne qui sont offerts par ses
hôpitaux d’enseignement. De leur côté, les partenaires du réseau
local analysent ce qu’ils peuvent faire; toutes les demandes
qu’ils ne sont pas en mesure de prendre en charge seront
acheminée au RUIS McGill,» ajoute Dr Benaroya. En théorie, les
universités offrent les soins spécialisés, mais tout entre en
ligne de compte. Nous développons des relations avec nos
institutions partenaires des réseaux locaux, dont certaines sont
nouvelles au sein de McGill, précise Dr Benaroya. Et nous
planifions un bureau de développement du réseau, en quelque
sorte un numéro 1-800-RUIS McGill dont le but serait de
faciliter les communications». Les étudiants en médecine et les
médecins résidents constateront également un changement sous la
gouverne du RUIS. Le gouvernement vise à offrir davantage de
stages à l’extérieur de Montréal tant au niveau du premier que
du deuxième cycle, dans l’espoir qu’en vivant une expérience
dans un cadre rural, les jeunes médecins songeront à y retourner
pratiquer. Selon le nouveau plan, 30 % des stages en médecine
familiale et 15 % de ceux réalisés dans les spécialités de base,
comme en médecine interne et en chirurgie générale, seront
effectués dans les régions les plus éloignées. «Ceci constitue
un grand défi, étant donné qu’il est possible qu’il n’y ait pas
d’infrastructures pour répondre aux exigences en matière de
formation dans certains cas, indique Dr Benaroya. "Alors, nous
bâtissons à partir de nos structures régionales existantes,
comme notre unité de médecine familiale à Gatineau. Une autre
possibilité serait de développer des unités (hubs) où les
étudiants de divers niveaux d’expérience pourraient travailler
en équipe.» Bien entendu, l’Université doit s’assurer que
l’éducation reçue à ces endroits réponde aux objectifs des
programmes de formation, et que les programmes de développement
appropriés de la Faculté soient en place.
La technologie jouera un rôle de
premier plan. La télésanté est déjà en place. Ceci est un moyen
de communication, de diagnostic et de traitement à distance, qui
peut être utilisé aux fins de l’enseignement et du travail
clinique. «Et parce que la technologie évolue très rapidement,
nous pouvons être créatifs dans ce secteur, ajoute Dr Benaroya.
Notre comité de télésanté du RUIS McGill est très occupé ces
temps-ci.» La Faculté aspire également à mettre à la
disponibilité des régions ses ressources documentaires
électroniques de la bibliothèque.
Le système du RUIS nécessitera
certaines responsabilités en matière de recherche. «Heureusement,
la recherche est très avancée à McGill, ajoute Dr Benaroya. Nous
profitons déjà d’une bonne collaboration avec les autres
facultés». Il y a également des possibilités d’établir davantage
d’équipes de recherche dans les régions, et de créer des liens
avec des partenaires régionaux. Comme le dit Dr David Eidelman, Directeur du département de médecine, «On retrouve dans
certaines des régions éloignées des proportions élevées de
certaines maladies comme la tuberculose; ou des gens qui ont
difficilement accès aux soins de santé. Le RUIS donne la
possibilité de mieux comprendre comment les soins de santé
devraient être organisés pour ces gens et comment certaines
circonstances peuvent découler en difficultés pour la
population».
La création du RUIS entrainera des
changements qui auront une influence sur les activités cliniques,
éducationnelles et de recherche de l’Université. De plus, ils
accroîtront non seulement le rôle de McGill, mais également ses
responsabilités au sein de la communauté médicale de la
province. «C’est là tout un défi, conclut Dr Benaroya. Mais
toute une occasion de faire une différence!» |
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